21 avril 2020. Béatrice Guéguen. Workplace experience manager, Change & work place strategy, New ways of working at BNP Paribas Personal Finance.

HR PATROL

L’open space fait peur. Mal être, stress, il n’est plus besoin de le présenter ou de lire un précis d’analyses psychologiques, pour dire que ces deux petits mots anglophones ont une valorisation négative dans un contexte de travail. Il va générer encore plus d’angoisse lors du retour après le confinement. « Pourquoi suis-je là ? C’est vide, c’est oppressant. » , « Ont-ils pensé à l’hygiène ? » « Ça me fait peur de revenir, mais j’y suis obligé. », « C’est space d’être là ! »….

D’où l‘importance dans un premier temps de bien communiquer sur les mesures d’hygiène, les nouveaux usages, les conditions d’utilisation du matériel, les flux de circulation, sans oublier de rassurer. Les entreprises qui avaient mis en place des open spaces à grande échelle devront repenser l’utilisation des espaces pour un usage immédiat. Qu’en est-il de leur devenir ? Revenir à un cloisonnement de l’espace de travail et re-confiner les équipes par cluster serait une solution ? Pas évident.

Que s’est-il passé depuis mi-mars ? une crise sanitaire a voulu que plus de la moitié de la population mondiale se retrouve confinée, et pour tous le même sujet de conversation de New York à Madrid en passant par le plus petit bourg français. Pour tous, et pour plusieurs années, le même partage d’angoisses et de frustrations. Pour s’adapter à l’urgence les entreprises ont mis en place un management du changement brutal, rendu obligatoire par la situation : vous travaillerez de la maison , vous managerez à distance et vous atteindrez les objectifs. Un autre management du changement se profile pour vivre dans des espaces que les entreprises ne pourront et ne voudront pas modifier pour des raisons économiques. Il va falloir donner un autre vie à ce que l’on a déjà.

La communication du changement passera par donner du sens au travail mais aussi au « Pourquoi on est là ? ». C’est un double enjeu. Il faudra aussi adapter le rythme avec la rotation des collaborateurs sur le lieu de travail. C’est un paramètre à prendre en compte dans le management global. C’est là que je propose de ne plus parler d’open spaces , mais d’espaces de travail.

La conception des espaces actuels n’est peut-être plus adaptée mais on peut les faire évoluer et les customiser, pour créer des ambiances, des espaces de travail agiles, des espaces de confinement cocooning …. L’imagination et l‘infini des possibilités à petit prix sont à notre portée. Se sentir bien au travail pour être productif et donner du sens. Pourquoi ne pas demander aux collaborateurs de participer ? Proposer des aménagements, donner des noms aux espaces, mettre des plantes ou créer des jardins collaboratifs, apporter un objet pour décorer une salle de réunion avec une thématique, s’impliquer dans une charte du comportement , organiser des moments de détente , déployer des initiatives RSE… J’ai visité une entreprise au Portugal qui a opté pour des espaces verts dans l’espace de travail. Cette curiosité va se transformer en levier d’accélération formidable.

Il ne faut pas perdre de vue un élément supplémentaire. Nous sommes restés confinés mais nous avons exercé ou développé nos talents. Nous avons pris des initiatives professionnelles ou personnelles, nous avons découvert des modes de communications différents pour continuer à créer du lien social. Enfin nous avons pris le temps de vivre plus lentement. Nous sommes donc différents. Cette évolution sera à prendre en compte dans le management du changement de demain pour créer un lien fort avec les collaborateurs. 

Pour résumer, l’open space est mort vive l’espace de travail alternatif et collaboratif. Donnons du sens.

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