HR PATROL

Olivier Deslandes. Avril 2020. Contribution au Livre Blanc HR Patrol « Covid 19, que retenir pour demain ? 

Ne jamais minimiser la menace.

Lorsque la menace d’une crise est vraisemblable, il s’avère contreproductif de minimiser son ampleur. Les dirigeants pensent principalement à deux choses : éviter une panique interne qui démobilise les collaborateurs et éviter d’envoyer des signes de fragilité au marché qui auraient des répercussions délétères sur les ventes. La stratégie de la minimisation voire du déni est une bombe à retardement qui éclatera certainement à l’épreuve des faits de l’actualité. Concrètement les risques sont multiples : la chaine de commande de l’organisation va se détendre car tous les managers auront répercuté un message inexact et devront par la suite reconquérir leur crédibilité… dans toutes les fonctions de l’entreprise. Cela crée une culture d’attentisme en prévision d’un contre-ordre et une productivité dégradée. Le leadership du dirigeant perd de la traction, il ou elle n’est pas visionnaire, son erreur d’appréciation a donné une perception de mise en danger de l’entreprise et ses prochaines décisions seront accueillies avec scepticisme et inertie dans l’action. L’ego du leader en situation de crise et son plus grand ennemi, il y a collision entre la posture inspirante du capitaine qui tient la barre d’une main ferme et celle de la bravade inconséquente du « même pas peur ». Les proches du dirigeant ont un rôle essentiel à jouer pour lui faire prendre conscience que l’excès de confiance est un biais cognitif probable et un risque opérationnel certain pour l’organisation.

Sens du timing et courage de décision.

« Soyez rapide et n’ayez pas de regrets ». C’est la phrase prononcée par Michael Ryan le patron des urgences médicales de l’OMS. La coordination et la cohérence d’une réaction immédiate façonneront l’efficacité des mesures prises ultérieurement. La prolifération des comités de risques et du recours régulier aux « avis de droit » ont déshabitué les décideurs à décider seuls et vite. Lorsqu’il s’agit, sans le confort d’un rassurant rapport d’experts, de choisir un nouveau chemin certains leaders sont submergés par l’angoisse et par une paralysie de la décision. « Soyez le premier à avancer » lorsque le leader a besoin de s’assurer et de vérifier qu’il ou elle a pris la bonne décision pour avancer, le bataille sera perdue dans un contexte de crise. La rapidité bat à plate couture la perfection qui souvent n’est que l’expression socialement acceptable de la peur de faire des erreurs. La formation des décideurs à la gestion de crise est un outil essentiel dans l’arsenal des entreprises. La crise du COVID 19 a mis en lumière l’impréparation et l’absence de reflexes adaptés en situations critiques. Parfois, la culture et les pratiques managériales dominantes forgent des comportements qui pourront valoriser les silos, la non-collaboration, le culte du secret et du non-partage des informations essentielles. L’exécution étant in fine la seule mesure de l’efficacité d’un plan, il est primordial de régulièrement auditer sa culture de management dans la même logique vitale qu’une inspection sans faille de ses extincteurs.

Olivier Deslandes. HR Executive.

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